Deux.
C'est le seuil pratique sous le critère général de notoriété de Wikipédia, même si le texte de la règle ne l'exprime jamais par un chiffre. Il exige seulement une « couverture significative dans des sources multiples, fiables et indépendantes du sujet » — un pluriel non défini, laissé à l'appréciation de chaque relecteur. Dans la pratique, après vingt ans de discussions de suppression, ce mot s'est stabilisé en un seuil : une source solide et indépendante prouve qu'un sujet existe. Il en faut une seconde pour qu'un contributeur parle d'une tendance méritant un article.
Un portrait peut compter trois mille mots, porter la signature d'un journaliste permanent, ne se cacher derrière aucun péage, et ne pas suffire à lui seul. La longueur mesure ce qu'un seul titre a choisi d'écrire. Elle ne dit rien sur le fait qu'un autre titre, de façon indépendante, soit arrivé à la même conclusion : que le sujet méritait un article. L'attention d'une seule source est un point isolé ; un article encyclopédique demande une tendance.
Le test que les relecteurs appliquent réellement est simple : réduire l'article à ses deux meilleures sources et regarder ce qu'il en reste. Si l'introduction — naissance, carrière, le fait même qui rend le sujet notable — dépend d'une seule citation, l'article n'est pas prêt, quoi que l'on ait empilé en dessous. Dix mentions de routine, quatre citations de passage et une légende de photo de gala n'ajoutent pas une seconde source : elles ajoutent du décor autour de la première.
Une seconde citation ne compte que si elle reflète une décision éditoriale indépendante. Une dépêche reprise par quarante journaux régionaux est un seul jugement, répété par copier-coller ; le même entretien publié par deux titres différents reste le même entretien, deux fois. Les relecteurs regardent au-delà du nombre de signatures pour se demander si deux rédactions distinctes ont réellement observé le sujet et décidé, chacune de son côté, qu'il méritait un article.
Des sources multiples sont généralement attendues... Dans certains cas, plusieurs articles ou reportages provenant d'un même éditeur ou groupe de presse peuvent être considérés comme une seule source aux fins de la notoriété.
Rien de tout cela ne rend trois sources meilleures que deux, ni vingt meilleures que trois, une fois le seuil franchi ; la règle pèse la profondeur et l'indépendance, pas un décompte. Mais rien, sous ce seuil, n'est pesé du tout. Un dossier avec un seul excellent portrait n'est pas un dossier faible : ce n'est pas encore un dossier. Cette seconde note est, le plus souvent, ce qui sépare un brouillon qui attend d'un article qui tient.