Un client nous a envoyé un jour le portrait exact tiré du dossier de presse de son entreprise, la même image que sur son profil LinkedIn et la page « À propos » du site, en nous demandant de l'insérer dans l'infobox de son ébauche biographique. Cela ressemblait à la ressource évidente : haute résolution, bien éclairée, et manifestement la sienne à utiliser.
Elle était bien la sienne à utiliser, mais pas de la manière qu'exige l'encyclopédie. Le droit d'auteur appartient en général au photographe, non au sujet, et l'autorisation de diffuser une image sur un site ou dans un dossier de presse n'équivaut pas à la publier sous une licence libre que chacun peut réutiliser. La plupart des portraits qu'on nous soumet échouent déjà sur ce point.
Même un portrait aux droits clairement établis passe rarement en tant qu'« usage raisonnable ». Pour toute personne encore vivante, la règle traite une nouvelle photographie comme quelque chose qui pourrait, en principe, toujours être prise. Une image protégée est jugée remplaçable par définition, que quelqu'un se soit effectivement donné la peine d'aller prendre le cliché de remplacement ou non.
Un contenu non libre n'est pas utilisé lorsqu'on peut raisonnablement s'attendre à ce qu'un fichier sous licence libre, propre à servir le même usage encyclopédique, puisse être créé — ce qui est presque toujours le cas du portrait d'une personne vivante.
Cela surprend, car cela renverse l'attente habituelle. Un magazine peut acquérir les droits exclusifs d'un portrait et le publier pendant des années. L'encyclopédie ne le peut pas, même avec l'autorisation écrite du sujet pour un usage ponctuel, car « vous pouvez publier ceci » n'engage pas de la même façon que « quiconque peut réutiliser, modifier ou vendre ceci, pour toujours ». Le seuil, c'est la mise à disposition, non l'accès.
Le remède n'est presque jamais un montage juridique. C'est une nouvelle photographie, prise et diffusée dans les règles : le sujet ou un photographe engagé la publie sous une licence libre compatible, ou bien on utilise une image déjà diffusée ainsi, les archives d'un organisateur de conférence, le fonds d'un organisme public, un cliché donné par un collègue. Rien de tout cela ne ressemble au portrait soigné du dossier de presse dont on était parti.
C'est une chose étrange à expliquer à un service de communication habitué à contrôler chaque image qui paraît. Ce que nous disons, c'est que l'encyclopédie ne demande pas l'accès à une photographie. Elle demande le droit de la conserver, sans condition, sans avoir à le redemander.